3 février 2026

Kaya, 20 avril 2024 (AIB) – À quelques jours de l’ouverture de la 21e édition de la Semaine nationale de la culture (SNC), prévue du 27 avril au 4 mai 2024 à Bobo-Dioulasso, la troupe Lafi la Bumbu de Kaya, composée de jeunes filles déplacées internes, se prépare activement pour sa première participation. Ambitieuse, elle espère ramener le trophée dans la catégorie « danse poule jeune ».

Fondée en 2018 dans le secteur 5 de Kaya, la troupe Lafi la Bumbu, qui signifie « la santé est une richesse » en langue mooré, regroupe une douzaine de filles âgées de 7 à 15 ans, toutes issues de familles déplacées internes. Initialement pensée comme un cadre de divertissement et de guérison pour des enfants traumatisés par les violences terroristes, elle a récemment franchi une étape importante en se qualifiant lors de la Semaine régionale de la culture grâce à une performance en Wedbindé, une danse traditionnelle du Sanmatenga.

« Ce sont les enfants elles-mêmes qui nous ont motivés à tenter l’aventure de la compétition », confie le coordonnateur de la troupe, Ousmane Sawadogo. Ce succès donne un nouvel élan au groupe, encadré techniquement par Yaya Sanfo, artiste confirmé de la troupe Tarwend Panga, dirigée par la renommée Habibou Sawadogo.

Malgré un cadre d’entraînement exigu et parsemé d’obstacles au domicile de la présidente de la troupe, Tipoko Rasmata, les jeunes danseuses répètent chaque soir avec énergie après l’école. « En trois mois, les progrès sont notables. La troupe est prête pour Bobo », affirme l’encadreur Yaya Sanfo, tout en évoquant une ultime répétition à la salle polyvalente de Kaya pour peaufiner la mise en scène.

Pascaline Sawadogo, élève en classe de CE1 et chef de troupe, affirme avec confiance : « Nous sommes prêtes pour Bobo. Nous voulons gagner. » Elle et ses camarades voient dans la danse un chemin vers l’espoir et le réconfort. « La troupe nous fait du bien. Je ne fais plus autant de cauchemars », confie-t-elle.

La troupe est une initiative de Tipoko Rasmata, guérisseuse de la zone non lotie de Kaya, qui héberge les enfants pour des soins. Elle explique : « Pour aider ces enfants à se reconstruire, j’ai introduit des activités ludiques comme les contes, la danse, le théâtre et le chant. »

Malgré les difficultés à nourrir et encadrer ces enfants, la présidente refuse de baisser les bras. Son engagement et la détermination des enfants font de Lafi la Bumbu un symbole vivant de résilience et d’espoir dans un contexte marqué par la crise sécuritaire.

Partagez cet article

Découvrez votre espace d'ambiance et de la bonne humeur !!!

X
Activez les Notifications Pour ne manquer aucune Information Oui, j'accepte ! Non Merci