22 février 2026

Dans un contexte sécuritaire déjà tendu, le Burkina Faso et l’Iran renforcent leurs liens militaires. Ce 6 mai 2025, le général de brigade Ahmad Reza Radan, chef de la police iranienne, a rencontré les plus hauts responsables burkinabè pour définir un programme d’échange de savoir‑faire, de formation technique et de transfert de technologies de sécurité.

En octobre 2023, une commission mixte tenue à Ouagadougou avait déjà abouti à la signature de conventions couvrant la « coopération technique » en matière de défense, ainsi que la remise de bourses d’études pour des officiers burkinabè. Le ministère burkinabè des Affaires étrangères avait, sur sa page Facebook en 2024, confirmé l’acquisition prochaine d’hélicoptères de combat et de véhicules blindés iraniens, soulignant la volonté d’équiper rapidement l’armée pour faire face aux groupes jihadistes.

Lors de sa visite, le général Radan a proposé des programmes de formation avancée pour les cadres policiers et militaires burkinabè, des ateliers techniques sur la maintenance et l’exploitation d’équipements de surveillance, ainsi que le transfert de systèmes de communication sécurisée et de drones de reconnaissance. Le gouvernement burkinabè, confronté à une recrudescence d’attaques terroristes dans le Sahel, mise sur ce partenariat pour combler le déficit capacitaire de ses forces de défense.

Ce rapprochement s’inscrit dans une dynamique de diversification des partenariats du Burkina Faso, qui cherche à réduire sa dépendance vis‑à‑vis de la France et de l’Union européenne. Toutefois, il suscite des interrogations : la CEDEAO et l’Union européenne pourraient critiquer l’opacité des accords et les antécédents des forces de l’ordre iraniennes en matière de droits humains, tandis que la Russie et la Chine multiplient elles aussi les offres de coopération sécuritaire au Sahel, créant un risque d’instrumentalisation géostratégique.

Parmi les points de vigilance, le calendrier et la nature exacte des livraisons d’équipements – hélicoptères, blindés, drones – restent à préciser, de même que le respect des sanctions internationales et le contrôle des utilisateurs finaux. L’évaluation de l’efficacité des formations sur le terrain et des retombées sur la sécurité des populations civiles permettra de mesurer l’impact réel de cette coopération. En s’ouvrant à l’Iran, le Burkina Faso parie sur un partenaire capable de transférer rapidement compétences et matériels, tout en assumant des risques diplomatiques et juridiques. Les prochains mois seront déterminants pour apprécier les résultats de cette alliance dans la lutte antiterroriste au Sahel

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