Au pays des hommes intègres, le Pr de droit à la retraite Laurent Bado, père-fondateur du PAREN (Parti africain pour la renaissance nationale), député à l’Assemblée nationale et membre de la majorité présidentielle, est connu comme étant quelqu’un qui n’a pas sa langue dans sa poche. Depuis le milieu des années 60 et sous tous les régimes qui se sont succédé dans notre pays, Laurent Bado a toujours pris son courage entre les deux mains pour dire tout haut ce que les autres pensent tout bas. Parfois au grand étonnement à la fois du petit peuple et du pouvoir central. Mais toujours au grand dam de ses contradicteurs de tous bords qui, généralement, préfèrent adopter le profil bas pour ne pas se faire « flécher » par « cet éminent juriste qui n’a que l’injure à la bouche ! » A la vérité, ce Laurent Bado-là est ainsi fait : quand l’envie lui prend de dire ce qui provient des ténèbres de son subconscient, il le dit très courageusement et de manière suffisamment claire. Sans doute pour être sûr d’avoir été compris, bien compris, par ses interlocuteurs du moment. D’ailleurs, contrairement à ce qui se raconte ça et là, Laurent Bado est convaincu de faire œuvre utile, à travers ses multiples récriminations et ses critiques jugées très acerbes par ses compatriotes. Mieux, il répète à qui veut bien l’entendre qu’il est contre les jaloux, les mesquins et les égoïstes. En tout cas, dans son propre pays comme à l’international, cet ancien candidat malheureux à l’élection présidentielle ne laisse personne indifférent. A cause certainement de la liberté de ton avec laquelle il s’attaque à tous les sujets de société. Aux institutions et aux hommes qui les animent. Quand il décide de décocher des flèches à l’encontre de n’importe quelle institution, de n’importe quel camarade de lutte ou même du bas peuple, il n’y va pas de main morte. Non, il choisit généralement des mots et des formules choc, question d’être sûr de bien marquer les esprits. Ainsi, en affirmant, lors de l’émission « Dimanche politique » du 29 octobre sur Radio Omega, qu’ »avec le régime actuel, tous les espoirs populaires sont morts et enterrés » Laurent Bado fait certes un constat personnel mais, dans son for intérieur, il souhaite avoir tort. Pourquoi ? Pour la bonne et simple raison que sitôt après l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014, il a, en toute liberté et en toute indépendance d’esprit pris la sage décision de soutenir à bras le corps le régime démocratiquement élu de Rock Marc Christian Kaboré. A ce titre, il est comptable des succès et des échecs dudit régime, que l’on sait durement confronté comme jamais encore à d’énormes problèmes sécuritaires. Pour sûr, le régime du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP au pouvoir) ne peut que se réjouir des critiques du Pr Laurent Bado.

Parce que, contrairement à d’autres cadres et intellectuels burkinabè, il aurait pu se taire, feignant d’être satisfait de la conduite des affaires publiques. Or, les critiques visent à obtenir de meilleurs résultats de gestion du patrimoine commun. Mais alors, attention : même quand Laurent Bado estime que « Dans deux ans, le peuple sera en divagation dans les ruines des promesses de l’insurrection populaire », il ne le croit ni ne le pense vraiment. Et il ne saurait le souhaiter non plus. Non. Il entend juste secouer le cocotier afin que des solutions idoines soient vite trouvées aux problèmes d’insécurité grandissante, d’emplois des jeunes, de développement du Burkina Faso tout court. Dans tous les cas, tous ceux qui connaissant le Pr Bado savent pertinemment qu’il a toujours été avare, très avare en compliments. Inutile donc d’attendre de sa part un plaidoyer « gariboutique » en faveur du régime MPP, de n’importe quel individu ou groupe d’individus. Né anti « anti-Yes Man », incorruptible sur les bords, toujours prêt à dénoncer les erreurs de gestion de ses compatriotes (toutes catégories socioprofessionnelles confondues), Laurent Bado fait sans doute partie des Burkinabè les mieux écoutés par les pouvoirs publics africains. Certes, il est agaçant, très agaçant, mais avec lui au moins, l’on a chaque fois une idée aussi claire que possible de ce qu’il pense et projette de faire dans un avenir proche ou lointain. Au bénéfice, généralement, du plus grand nombre. Après tout, reconnait-il lui-même, ce qu’il dit n’est pas la vérité absolue mais juste sa part de vérité. Pour leur part, les fins limiers de la politique analysent à froid les récriminations du Pr Bado pour en tirer la substance nourricière essentielle leur permettant de corriger ce qui doit l’être. Dommage qu’à l’instar de « cet éminent intellectuel égaré en politique » et peu diplomate, beaucoup de Burkinabè ne critiquent pas assez l’action gouvernementale, celle des grands décideurs et leaders d‘opinion, en vue d’obtenir certains changements qualitatifs. Laurent Bado, lui, le fait. Sans calcul. De manière tout à fait désintéressée. Sans trop se préoccuper du « qu’en dira-t-on ». Et, chaque fois qu’une de ses idées est promue par les pouvoirs publics, il s’en félicite publiquement et congratule au passage le pouvoir central…Sur un ton humoristique dont lui seul a le secret !

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